Les quatre astronautes de la mission Artemis II avec (de gauche à droite) le Canadien Jeremy Hansen et les Américains Victor Glover,Reid Wiseman et Christina Koch,avant leur décollage,le 1er avril

Les quatre astronautes de la mission Artemis II avec (de gauche à droite) le Canadien Jeremy Hansen et les Américains Victor Glover,Reid Wiseman et Christina Koch,avant leur décollage,le 1er avril 2026 à Cap Canaveral (Etats-Unis). (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA )
Ils sont les premiers humains à partir en direction de la Lune depuis 1972. Les quatre astronautes de la mission Artemis II ont décollé sans encombre dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 avril depuis la base de Cap Canaveral,en Floride.
Les Américains Christina Koch,Reid Wiseman,Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen ont entamé un voyage de dix jours à bord de la capsule Orion,au cours duquel ils doivent faire le tour de la Lune,sans s'y poser,avant de revenir sur Terre. Que vont-ils faire au cours de ce périple dans cet habitacle de seulement 9 m3 ? Franceinfo résume les principales activités prévues.
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Les combinaisons orange,officiellement appelées "système de survie de l'équipage Orion" selon la Nasa,font l'objet d'une grande attention. Les membres d'Artemis II sont les premiers astronautes à porter ces nouveaux équipements dans l'espace. Ils vont notamment tester leur capacité à les enfiler et à les pressuriser rapidement","à installer leurs sièges et à s'y installer tout en les portant","à manger et à boire grâce à un orifice situé sur le casque",explique l'agence spatiale américaine dans une publication détaillant les activités jour par jour. Ces essais doivent survenir le cinquième jour,au cours duquel ils se retrouveront davantage sous l'influence gravitationnelle de la Lune que celle de la Terre.
Les combinaisons,en cas d'urgence,peuvent fournir aux astronautes "une atmosphère respirable pendant six jours maximum" en cas de dépressurisation de la capsule. Le scaphandre "est conçu pour assurer la sécurité de l'équipage non seulement au décollage et à l'atterrissage,mais aussi en cas de problème pendant le voyage vers la Lune ou en orbite lunaire",a expliqué à l'agence américaine Associated Press Dustin Gohmert,ingénieur à la Nasa,qui a supervisé la conception de ces nouvelles combinaisons. Le scaphandre devient ainsi "votre propre vaisseau spatial personnel",a-t-il ajouté.
Au cours du voyage,le huitième jour,"l'équipage évaluera sa capacité à se protéger des phénomènes de forte radiation tels que les éruptions solaires. Ils utiliseront les provisions et l'équipement d'Orion pour construire un abri si nécessaire",écrit la Nasa. Elle rappelle que la radiation constituera une "préoccupation constante lors des missions habitées dans l'espace lointain",notamment vers Mars.
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"Ils consacreront la majeure partie de leur journée à prendre des photos et des vidéos de la Lune et à consigner leurs observations",écrit l'agence spatiale américaine. La Nasa estime que les commentaires des astronautes,formés à la géologie sans être géologues eux-mêmes,porteront un intérêt scientifique. D'autant que "l'équipage a également discuté avec les scientifiques des photos à prendre de zones de la surface que les astronautes d'Apollo n'ont pas observées",précise l'agence spatiale canadienne.
La capsule Orion dispose de quatre fenêtres,et "par l'une de ces fenêtres,un de nos astronautes utilisera un appareil photo équipé d'un objectif 80-400 mm",a expliqué dans une vidéo de la Nasa Marie Henderson,en charge de la science lunaire pour la mission Artemis II. D'après elle,"cela lui permettra de zoomer considérablement et d'effectuer des observations très détaillées de la surface. C'est un peu comme regarder à travers des jumelles."
Au lendemain de cette journée cruciale,au plus proche de la face cachée,les astronautes auront le droit à une journée de repos. Toutefois,ils ne débrancheront pas totalement,puisqu'ils passeront une partie de la matinée à échanger avec les équipes au sol "alors que l'expérience est encore fraîche dans leurs esprits". L'idée est de récolter un maximum d'informations à la suite de ce survol inédit.
Si,après vingt-cinq ans de service,les repas au sein de la Station spatiale internationale sont désormais bien maîtrisés,les menus d'Artemis doivent répondre à de nouvelles contraintes. L'ISS "bénéficie de ravitaillements réguliers et d'apports ponctuels de produits frais",rappelle la Nasa. De l'autre côté,"les aliments frais ne seront pas embarqués à bord d'Artemis II",car Orion ne dispose pas de système de réfrigération. Artemis II propose donc "un menu fixe et prédéfini,conçu pour un véhicule spatial autonome sans ravitaillement".
Les astronautes ont eu leur mot à dire après avoir goûté les différents plats lors de tests avant le lancement. Ils avaient le choix parmi 189 éléments différents pour composer leurs menus,dont dix types de breuvages différents parmi lesquels café,thé vert,limonade,smoothie pêche-mangue ou encore une boisson à la fraise adaptée au petit-déjeuner. Au total,ils ont embarqué avec l'équivalent de 43 tasses de café.
Du côté des repas,ils ont pu choisir entre des tortillas,une quiche aux légumes,un gratin de brocolis,une salade de mangue ou encore des macaronis au fromage. Les tortillas restent une valeur sûre dans l'espace : la Nasa précise qu'ils en ont emporté 58. Elles se montrent pratiques pour réaliser un plat selon ses préférences et les sauces de son choix. Elles sont d'ailleurs particulièrement nombreuses,puisque l'équipage est parti avec cinq sauces épicées différentes,sans parler du sirop d'érable,du beurre de cacahuète,du miel et de la confiture pour le petit-déjeuner. Pour le reste,le confort est,comme dans l'ISS,digne d'une session de camping : repas lyophilisés et "chauffe-plats compact,de type mallette,pour réchauffer les repas au besoin".