Fabrice Leggeri, ex-directeur de Frontex et eurodéputé RN, visé par une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité

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Mar 24, 2026

Pour la première fois, la justice française devrait se pencher sur le rôle d’un ex-dirigeant de Frontex dans la tragédie migratoire en Méditerranée, à la suite d’une plainte de la Ligue des droits de l’homme.

Fabrice Leggeri,membre du parti d’extrême droite français Rassemblement National (RN) et ancien directeur de l’agence européenne de garde-frontières Frontex,à Paris,le 25 mars 2024. STEFANO RELLANDINI / AFP La Ligue des droits de l’homme (LDH) et l’association de défense des migrants Utopia 56 ont obtenu satisfaction après plus deux ans. Un juge d’instruction sera bientôt saisi pour enquêter sur l’eurodéputé RN Fabrice Leggeri,ancien directeur de Frontex,soupçonné de complicité de crimes contre l’humanité et de torture,a déclaré mardi 24 mars à l’Agence France-Presse (AFP) une source judiciaire.

Frontex,agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières,était dirigée par Fabrice Leggeri entre janvier 2015 et avril 2022. En 2024,il a été l’une des prises du Rassemblement national,en rejoignant le parti d’extrême droite comme numéro 3 de sa liste pour les élections européennes. A la tête de Frontex,il a régulièrement été accusé par les ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants,s’imposant comme un défenseur de l’imperméabilité des frontières européennes.

La LDH l’accuse notamment d’avoir « encouragé » ses agents à faciliter les interceptions d’embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques,d’après sa plainte déposée en 2024 dont l’AFP avait eu connaissance. Elle lui reproche d’avoir « fait le choix d’une politique visant à faire obstacle,quel qu’en soit le prix - en vies humaines notamment - à l’entrée des personnes migrantes au sein de l’UE ».

Après un parcours procédural de deux ans,sa plainte a abouti à l’ouverture d’investigations sur décision le 18 mars de la cour d’appel de Paris,selon la source judiciaire. La chambre de l’instruction a déclaré « y avoir lieu à informer sur les faits tels qu’ils résultent de la plainte avec constitution de partie civile de la LDH »,a poursuivi cette source. « M. Leggeri n’était pas informé de ces développements et n’a donc pas de commentaire à faire à ce stade »,a réagi auprès de l’AFP son entourage.